Château de Talmont - Talmont-Saint-Hilaire (85)
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Patrimoine & Architecture

Un site en perpétuelle évolution.

D'après de récentes recherches, le site du château de Talmont aurait été occupé dès le début du XIe siècle ; des éléments tendent à montrer la présence d'une palissade en bois et de bâtiments résidentiels. Cependant, dès les années 1020, une muraille en pierres épousant la forme du rocher est élevée, délimitant un vaste espace de plus de 7 000m².

LA HAUTE COUR

Dans l'angle nord-ouest de cette cour, deux bâtiments destinés à la famille seigneuriale sont construits à la même époque ; on y trouvait l'aula - salle principale du château qui ne connaîtra que peu de modifications, et des espaces résidentiels privés. Cheminées, latrines et fenêtres encore visibles de nos jours marquent l'utilisation quotidienne de ces espaces, alors que les matériaux utilisés (galets et sable côtier), facilement collectés sur le littoral proche, permettent de poser les bases de solides bâtiments et du pouvoir de la famille de Talmont.

Face à l'aula, au nord-est de l'enceinte, des vestiges d'un bâtiment religieux ont été trouvés. Une tour-porche carrée y est accolée dans le courant du XIe siècle, marquant ainsi le passage d'un espace laïc et à un espace religieux. Cette tour, décorée de hautes arcades aveugles, va cependant être rapidement intégrée à la création d'un donjon.

Le DONJON

Donjon romanOn attribue à Guillaume le Jeune, fils du premier seigneur de Talmont, l'élévation de la tour-maîtresse. Trois étages sont ajoutés au-dessus de la tour-porche, la transformant en symbole de la résidence seigneuriale. Afin d'accéder aux niveaux supérieurs, un large escalier en vis est inséré entre la tour et la muraille du château.

Au premier niveau, une haute salle voûtée éclairée par trois fenêtres étroites aurait abrité une chapelle. Le deuxième étage, appelé aujourd'hui « salle des gardes », offrait une vue imprenable sur la ville de Talmont grâce à trois grandes baies décorées. Le soin apporté à l'élaboration de cet espace doté de voûtes d'arêtes souligne le caractère ostentatoire du lieu. Enfin, les niveaux supérieurs, en grande partie disparus, abritaient de vastes appartements réservés au seigneur et à sa famille.

L'aménagement du château au cours du XIe siècle est parallèle à la montée en puissance de la famille des seigneurs de Talmont, désireux d'asseoir leur pouvoir sur le territoire et face à leur suzerain, le comte de Poitou.

Au cours du Moyen Age, les comtes de Poitou doivent composer avec des seigneurs indépendants et prompts à la révolte. Guillaume de Lezay, seigneur de Talmont au XIIe siècle, ne fait pas exception et son insubordination sera à l'origine de l'effondrement des parties hautes de la tour-maîtresse après l'incendie de 1138. L'abbé Suger, conseiller du roi de France, rapporte que non seulement la tour mais également les abbayes et églises ainsi que l'enceinte ont été la proie des flammes. Les héritiers de Guillaume de Lezay vont reconstruire la forteresse et, en s'alliant aux Mauléon, donner naissance au plus grand constructeur de Talmont, Savary.

Une Forteresse imprenable

Château XIIIe siècleAlors que les Plantagenêt dominent le duché d'Aquitaine et font face aux assauts français, la puissance de la famille de Mauléon se développe. Devenu duc d'Aquitaine, Richard Cœur de Lion initie des campagnes de fortifications dans plusieurs châteaux, dont, peut-être celui de Talmont. Une enceinte extérieure y est notamment construite, autour de la muraille primitive. Il faut cependant attendre l'extrême fin du XIIe et le XIIIe siècle pour assister à l'évolution spectaculaire du système défensif.

Au-delà de répondre à une nécessité militaire, le programme de fortification mis en place par Savary fait écho à l'ampleur que le prince de Talmont a acquis dans la politique Plantagenêt.

L'ouvrage le plus important entrepris au XIIIe siècle est l'ajout, côté nord, d'un éperon triangulaire. Aussi haut que la tour-maîtresse et large de 8m, ce pan de mur est conçu pour résister à l'artillerie. Seules ses parties hautes sont percées d'archères et un étage, doté de latrines et d'une cheminée, est aménagé au-dessus des autres niveaux de la tour.

Dans un second temps, une muraille intérieure entraîne la division de la grande cour en deux espaces : la basse cour et la haute cour, dont les dimensions plus restreintes facilitent la défense. Cette nouvelle enceinte englobe, côté est, la tour principale, créant un mur-écran. L'entrée de la haute cour se fait, dorénavant, par un passage coudé doté d'une double porte et d'un assommoir. Un fossé sec complète le dispositif. Un châtelet défendait l'entrée au nord.

A la suite de ces travaux, accéder à la haute cour est devenu un véritable périple : il fallait enjamber les douves au nord par un pont-levis ; passer le châtelet d'entrée ; contourner le château en empruntant le couloir créé entre les murailles extérieures afin d'atteindre la porte de la basse cour sans doute au sud ; traverser le premier espace et arriver devant le passage coudé de la haute cour au pied de la tour.

Une résidence secondaire

C'est au XVe siècle que de nouveaux bâtiments résidentiels sont construits. A cette époque, le château n'est plus qu'une résidence secondaire que les La Tremoille modernisent en ajoutant un logis contre la muraille est. Afin de faciliter l'accès au puits situé dans la haute cour, ils creusent une salle souterraine qui leur sert également de glacière.

Une tenaille est ajoutée côté sud, pour palier au recul de la mer et face à l'instabilité politique dans la région, notamment durant les Guerres de Religion.

En 1628, le démantèlement entraîne la disparition d'une grande partie des ouvrages défensifs de la forteresse ainsi que d'espaces résidentiels. Aujourd'hui encore, de nombreuses interrogations demeurent quant à l'évolution et l'utilisation des différents bâtiments au cours des siècles. Les fouilles archéologiques entreprises au château de Talmont permettent cependant de lever un pan de voile.

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