Château de Talmont - Talmont-Saint-Hilaire (85)
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Les campagnes de fouilles

Avec le soutien de la ville de Talmont-Saint-Hilaire, l'étude archéologique du château de Talmont a débuté en 2003 sous l'impulsion de Teddy Béthus, archéologue.

Fouilles 1Le Service régional de l'archéologie des Pays de la Loire et l'INRAP (institut national de recherches archéologiques préventives) sont complètement impliqués dans cette démarche. A noter aussi, l'implication de l'ancienne association du château lors des premières campagnes.

Les premières opérations (2003, 2004 et 2005-2006) ont été consacrées à l'analyse des maçonneries encore conservées en élévation. Ces études d'archéologie du bâti avaient pour objectif principal de reconnaître et de classer par ordre chronologique les différentes phases de construction du château.

La courtine ouest (2003)

La première opération s'est déroulée à l'occasion des travaux de restauration de la courtine ouest qui a pu être étudiée sur environ 25m de long. Ses résultats révèlent l'existence d'un bâtiment accolé au XIe siècle contre l'enceinte du château où l'on peut observer les traces de plusieurs fenêtres mais aussi des vestiges de latrines. Avec le bâtiment accolé contre la courtine nord du château, cette découverte permet aujourd'hui de restituer l'emprise d'un complexe résidentiel beaucoup plus vaste disposé en L dans l'angle nord-ouest de l'enceinte. Cet ensemble pourrait intégrer à cette période l'aula accolée contre la courtine nord et des chambres aménagées en enfilade contre la courtine ouest. L'interprétation de ces espaces permet de comparer cet ensemble à plusieurs résidences de haut rang construites aux alentours de l'an mil tel qu'à Fécamp (76), Angers (49) ou Andone (16)

L'autre découverte principale de cette opération concerne les traces d'un ancien chemin de ronde fossilisé dans la maçonnerie. Cet aménagement appartient à la seconde phase de construction de l'enceinte, datée entre le XIe et le XIIe siècle sans d'avantage de précision. Le bâtiment du XIe siècle, accolé contre l'enceinte, pourrait être détruit dès cette période. Un nouveau chemin de ronde est aménagé au cours d'une troisième phase de construction qui se caractérise sur la courtine ouest par l'ajout de deux tours de flanquement. Cette phase de fortification est datée du début du XIIIe siècle (Baudry 2001) et se distingue au sommet de la courtine ouest par la présence d'un merlon percé par une archère.

La tour maîtresse (2004)

L'opération conduite en 2004 avait pour objectif d'étudier les différentes phases de construction de la tour maîtresse. Ses résultats, parfois contradictoire avec l'historiographie du site, révèlent la succession d'au moins six états de construction. En suivant la tradition historiographique du site, il est possible en premier lieu de reconnaître la façade d'un ancien bâtiment, sans doute une église, englobé progressivement par la construction de la tour. La tour-porche accolée contre cette façade et décorée par de grandes arcades aveugles constitue la seconde phase de construction. Cet élément de prestige, que l'on retrouve souvent en contexte monastique dans la seconde moitié du XIe siècle, est probablement lié à l'existence d'un établissement religieux d'importance fondé par les seigneurs de Talmont, peut-être l'abbaye Sainte-Croix. Cette tour primitive, qui abandonne sans doute ses fonctions religieuses, est transformée quelques années plus tard par la construction d'une tour d'escalier voûtée et l'ajout de plusieurs étages éclairés par de grandes fenêtres en plein cintre. Cette tour de plus grande envergure, accolée contre l'aula, sert de résidence seigneuriale à l'image des salles à tour de grandes dimensions, que l'on retrouve par exemple au château de Tours (37) ou celui plus ancien de Mayenne (53). Là encore, cette ancienne tour romane est renforcée au XIIIe siècle par la construction d'un éperon triangulaire venu masquer la plupart de ses ouvertures. La construction d'un grand mur écran contre sa façade est achèvera quelques années plus tard cette campagne de fortification que l'on pourrait attribuer à Savary de Mauléon dans les années 1220. Henri III lui verse à cette époque de fortes sommes d'argent pour s'assurer de sa fidélité mais aussi pour fortifier ses positions poitevines

La courtine nord (2005-2006)

La campagne d'étude 2005-2006 portait principalement sur le front nord de l'enceinte dont les parements intérieurs ont fait l'objet d'un relevé presque complet. Les traces d'au moins deux bâtiments apparaissent sur ces élévations. Sur la partie ouest de la courtine, la série de double empochements visibles à mi-hauteur appartient sans aucun doute au bâtiment nord accolé dès l'origine contre l'enceinte. Ces empochements constituent le négatif d'une charpente encastrée dans le mur d'enceinte. Les traces, plus subtiles, d'un second bâtiment se sont également révélées sur la partie est de la courtine. L'emprise de cette construction, elle aussi inédite, se caractérise par la présence d'un larmier de toiture plus ou moins bien conservé sur environ 20m de long. L'inclinaison de ce larmier laisse penser que cette toiture pourrait être inclinée de manière à faciliter l'évacuation des eaux de pluies. Cette hypothèse implique l'existence d'une toiture à deux pans équivalente à celle du bâtiment nord-ouest. La fonction de ce bâtiment, qui semble assez vaste, n'est pas connue.

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